Partager l'article ! 2010 – De SALVADOR de BAHIA au MINAS GERAIS: Après 4 jours passés à SALVADOR DE BAHIA, nous quittero ...
Après 4 jours passés à SALVADOR DE BAHIA, nous quitterons cette ville très attachante, à la fois avec regret et aussi avec plaisir, car nous sommes ici en automne, mais au petit jour la température est déjà à 26° et l’ambiance est moite. Il y a parfois de grosses pluies qui ne rafraichissent pas l’atmosphère.
Nous décidons aussi de ralentir notre cadence et de descendre tranquillement vers le sud le long des côtes et le plus près possible d’elles en fonction du réseau routier. Alors il nous faudra jouer à saute mouton entre les petites routes et une nationale qui descend jusque Rio de Janeiro.
La nature ici est merveilleuse, la région étant bien arrosée, le vert
peut passer du tendre au vert soutenu, l’on va croiser des Jacarandas mauves, des grands arbres aux fleurs jaunes, des flamboyants écarlates, des impatiences sauvages donnent des couleurs roses
sur le bord des routes. Des champs cultivés, des immenses « Fazendas » (fermes) clôturées ou pait le bétail. Depuis notre arrivée par le centre ouest nous avions constaté que les vaches
étaient bossues et blanches comme en Inde, nous pensons que ce doit être la race « Brahma », mais pas sur. On peut alors supposer qu’elles supportent mieux ce climat.
Bananiers et palmiers poussent jusque sur le haut des collines. D’énormes bambous croissent un peu partout.
Notre route est parfois coupée par un rio qui se jette dans la mer, souvent on le franchit par des petits ponts mais aussi par des bacs à moteur. Le long de ces rios se sont installés des villages qui vivent de la pêche en mer.
Dans ces villages toutes les familles sont associées à la transformation de la pêche, sur les pas de portes les femmes dressent les filets des poissons qui seront séchés avec les crevettes à même les trottoirs.
Et puis sur un plateau nous sommes dans des forêts d’arbres hauts aux troncs minces, plantés serrés. Après un certain nombre de kms au beau milieu de tout cela et en pleine nature, l’on découvre une énorme usine de fabrique de cellulose et l’on comprend alors l’utilité de toutes ces plantations.
Comme ce n’est pas la seule usine de ce genre que nous avons croisée, nous pensons que ces usines sont destinées à la fabrication de biocarburants à partir des arbres, ce serait parait il l’avenir, car l’on utilise la plante entière au lieu d’utiliser seulement la graine. Déjà des pays comme la Nouvelle Zélande parie sur les saules, la Suède les peupliers et les Etats-Unis les arbres génétiquement modifiés. A quand nos grandes plaines de la Champagne remplacées par des forêts ?
Il nous aura fallu plusieurs centaines de kms pour enfin découvrir la cote atlantique vers la ville d’Ilhéus. Cette région dite de la cote du cacao a connu son heure de gloire vers 1880, époque où l’industrie de la canne à sucre battait de l’aile suite, à la chute des cours. L’esclavage vivait ses dernières heures et les paysans noirs ou blancs appauvris du nord est, vinrent s’installer sur les collines d’Ilhéus pour cultiver le cacao, baptisé l’or blanc.
Rapide, désordonnée, violente, la ruée vers l’or blanc adopta toutes les caractéristiques de la fièvre de l’or. Lorsque tout ceci se calma, la terre et le pouvoir appartenaient à quelques propriétaires fonciers et à leurs hommes de main, et les sans terre travaillaient pour eux dans des conditions proches de l’esclavage.
Récemment vers 1990, une redoutable maladie dite « vassoura de bruxa » a mis à mal l’économie de la région.
A cause de cette maladie les cacaotiers sont devenus incapables de porter leurs fruits. Cette maladie existe encore, mais dans les petits villages noirs, nous avons pu voir les fèves sécher près des habitations.
A la vue de toutes ces plages plus paradisiaques les unes que les autres, nous décidons de nous poser pour quelques jours de repos dans la
région.
Facile à dire, mais pas à faire, la région possède peu de campings et ceux qui existent sont fermés, car nous sommes hors saison.
Lorsque nous avons dit que nous allions vers Rio à une brésilienne parlant français, celle-ci un peu compatissante nous a déclaré « mais c’est l’hiver et a Rio il n’y a que 25° en ce moment ! »
Alors nous avons continué notre descente vers le sud jusque Porto Séguro qui symbolise ce qui fait l’attrait touristique de l’état de Bahia, ce serait là que fut créée la célèbre Lambada,
Un peu plus au sud à Prado, nous avons déniché un camping ouvert à 6 kms de la ville en pleine nature au bord de
mer. Nous sommes les seuls occupants, sous les cocotiers, ou presque (car il faut toujours se méfier des noix qui peuvent tomber), parmi le bruit des
vagues et les chants des oiseaux.
Quelques jours de repos nous permettent de nous préparer à d’autres découvertes.
A ce niveau et à l’ouest, se trouve l’état du MINAS GERAIS (Mines générales), cet état occupe un territoire grand comme la France, il couvre une partie de l’immense plateau intérieur du Brésil et la serra de Mantiqueira voit culminer certains des plus hauts sommets du pays.
Lorsque l’on quitte la côte au niveau de la ville de VITORIA (capitale de l’état d’Espirito Santo) et que l’on s’éloigne de l’océan, l’on trouve une région plus vallonnée voire montagneuse, prairies, plantations de cafés et de canne à sucre se succèdent et s’étendent jusqu’au haut des collines. Petit à petit le paysage change et devient plus sauvage lorsque l’on arrive dans les sierras.
Dans cette région difficile d’accès, au début du 18ème siècle, on y découvrit un étrange métal noir, qui se révéla être de l’or.
Alors comme à chaque fois, ce fut une véritable ruée, certains devinrent riches du jour au lendemain, mais beaucoup aussi moururent de faim, la ruée attira tant de monde que les réserves de cette région ne suffirent pas à les nourrir.
La couronne portugaise ne tarda pas à taxer de 1/5 les revenus,
Sans succès, cette taxation fut l’objet de plusieurs révoltes.
En 1711 fut créée la ville de VILA RICA DE OURO PRETO (ville riche
de l’or noir)
En même temps que d’autres comme : Sabara, Marianna, Sao Joao Del Rei etc.
L’or payait aussi des artistes baroques qui transformèrent ces villes en véritables joyaux architecturaux
Pendant 50 ans l’or brésilien provoqua d’importants mouvements de population d’abord à l’intérieur du pays, tous ceux qui n’avaient pu faire fortune dans l’agriculture e t les plantations.
Mais aussi entre 1700 et 1760 plus de 600 000 portugais de la métropole, ainsi qu’un tiers des plus de 2 millions d’esclaves noirs furent envoyés sur les sites où leurs conditions de vie étaient encore plus dures que dans les plantations.
Nous avons visité la ville de OURO PRETO (70 000 ha) anciennement capitale impériale de l’état jusqu’en 1897 où le siège fut déplacé à Belo Horizonte (2 500 000 ha.)
De cette ville aux rues sinueuses et pentues bordées de demeures seigneuriales s’éparpillent pas moins de 23 églises aux riches décorations.
La Matriz NS Do Pilar est considérée comme la deuxième plus riche du Brésil après Sao Francisco do Salvador,
revêtue de 434 kgs d’or et d’argent elle abrite des œuvres remarquables, des chandeliers en forme d’oiseaux sauvages, feuilles d’or martelé et portes à volutes, etc.
Egalement l’église de Saint François d’assise considérée comme la plus belle église de la ville (1766/1812)
D’autres encore chargées d’histoires telles que l’Igréja de Santa Efigénia dos Prétos construite entre 1742 et 1749 par et pour des esclaves.
Dédiée à SANTA EFIGENIA reine de Nubie et les saints représentés sont noirs.
Les esclaves les invoquaient pour échapper à la mort dans les mines.
Les ressources venaient de la mine de « CHICO REI* »
Les esclaves quant à eux pour aider l’église, lavaient leurs cheveux couverts de paillettes d’or dans les fonds baptismaux, d’autres parvenaient à voler de la poudre d’or cachée sous les ongles ou dans le creux des dents.
CHICO REI *
Roi d’un peuple africain, il fut capturé vers 1700 avec toute sa tribu en Afrique.
Expédiés au Brésil et vendus à un propriétaire de mines d’Ouro Préto, Chico Rei fut nommé contremaitre des mineurs esclaves. Il parvint à racheter sa liberté et par la suite celle de son fils. Ensemble ils libérèrent tous les membres de leur tribu.
La communauté acheta alors la mine d’or Encardaleira aux richesses fabuleuses.
Chico Rei reprit alors ses fonctions royales, il tenait sa cour à OURO PRETO et célébrait les fêtes africaines en costume traditionnel.
Cette nouvelle arriva jusqu’au roi du Portugal d’alors qui interdit immédiatement aux esclaves d’acheter leur liberté.
CHICO REI fait figure de héros auprès des noirs brésiliens.
TIRADENTES
Une demie journée de route plus loin nous avons également visité
cette belle petite bourgade qui se résume à une dizaine de rues aux maisons colorées, elle possède également une très riche église, avec un orgue construit au Portugal et acheminé depuis la cote
à dos d’âne.
Autrefois appelée Arrial da Ponta do Morro (hameau au sommet de la colline) elle fut rebaptisée « Tiradentes » en hommage au héros martyr d’une des
révoltes qui avait pour objet l’indépendance du Brésil.
Le chef de ce mouvement était un dentiste, surnommé l’arracheur de dents, d’où le nom de « TIRADENTES »
Un emplacement de stationnement de la petite gare routière nous a servi pour une halte de
nuit.
LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL
Inutile de dire qu’ici le football est plus qu’un jeu.
C’est certainement leur identité nationale où tous les brésiliens s’y retrouvent.
Si l’on se trouve en ville lorsque le Brésil joue et marque un but, c’est alors une immense clameur dans la ville avec pétards à profusion.
Maisons, voitures, camions sont pavoisés aux couleurs verte et jaune.
Les vitrines des magasins et bâtiments publics affichent les horaires des matchs où le Brésil joue et les horaires d’ouvertures et fermetures sont modifiés en fonction de ceux-ci.
Des écrans de télévision sont disposés un peu partout, ce qui nous a permis d’assister à l’éclatante défaite de la France contre le Mexique.
Lors du match Brésil/ Cote d’Ivoire nous étions dans un camping, nos voisins nous ont invité à suivre le match sur leur téléviseur, ambiance garantie, avec 2 supporters supplémentaires pour l’équipe brésilienne !
Si le Brésil ne gagne pas la coupe, cela sera alors une véritable catastrophe nationale.
DERNIERE MINUTE :
Nous devions repartir le 21 juillet sur le cargo Grande Francia a partir de Buenos Aires, mais nous venons d´apprendre que celui ci n`y faisait pas escale cette fois ci, nous sommes donc reportes sur le Grande Brasilia prevu theoriquement le 31 juillet.
Affaire a suivre .......
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